"Le virtuel a des vertus et le réel en est averti"
·Cette septième exposition, consacrée aux professeurs et aux anciens élèves de l’Ecole d’Art de la CABAB, clôt les manifestations artistiques proposées, sur ce thème, depuis novembre 2007.
Dernier participant, Tanguy Samzun, présente une ¦uvre atypique et multiforme qui emploie différents modes d’expression à la disposition des plasticiens en ce début de XXIe siècle. Peinture, dessin, sculpture, photographie, animation vidéo et informatique sont utilisés par l’artiste pour développer sa démarche.
Sous le titre Le virtuel a des vertus et le réel en est averti Tanguy Samzun se sert de ces multiples modes d’expression pour explorer l’inconscient individuel et collectif. L’accroissement des moyens de diffusion culturelle, de traitement de l’information, se révèle comme autant de supports pour appuyer le propos de l’artiste. Ce dernier montre au visiteur les multiples facettes d’un monde composé de beauté et d’horreur, de folie et de raison.
En pleine mutation
L’irruption du multimédia dans notre quotidien, et plus particulièrement dans l’univers de l’enfance, façonne notre avenir sans que les individus en soient tout à fait conscients. La mutation a commencé. Le regard sur la société planétaire dont il fait partie est, dès à présent, changé à jamais.
Dans ses peintures Tanguy Samzun s’exprime dans un registre classique. Les compositions prennent la forme de tableaux du XVIIIe et XIXe siècles, si ce n’est que le sujet en est, on ne peut plus actuel. Paysages mettant en scène des lieux urbains, industriels ou encore triptyque illustratif de catastrophes naturelles, de bouleversements géologiques. L’accident, le bouleversement sont largement évoqués dans le parcours de l’exposition. Les animations et les jeux vidéos, les peintures et les photographies annoncent l’imminence du désastre.
La démarche de Tanguy Samzun est conceptuelle mais un conceptuel signifiant. L’accumulation d’images est symptomatique de notre époque. L’artiste les confronte pour déclencher une réaction émotionnelle et intellectuelle chez le spectateur, bien loin des procédés stériles adoptés par certaines catégories d’artistes plasticiens dont on cherche en vain la nature du propos.
Chez Samzun le discours renforce un visuel totalement explicite qui se suffit déjà à lui-même. Il prouve, par la qualité de son travail graphique et pictural, que le talent ne peut que s’exalter par l’utilisation de la vidéo et de la photographie, et qu’il n’est pas utile de cultiver un discours fumeux et cérébral pour délivrer un message pertinent.
Il est toujours précieux de pouvoir échapper à ce snobisme pseudo-intellectuel et pompeux qui ne ravit que ses auteurs et la petite coterie à la recherche des dernières tendances, y compris et surtout les plus futiles. L’¦uvre de Tanguy Samzun se situe aux antipodes de ces gesticulations.
Ú Le virtuel a des vertus et le réel en est averti.
Le Carré / Bonnat, 9 rue Frédéric Bastiat à Bayonne, tous les jours sauf le mardi et les jours fériés, de 14h00 à 18h00, jusqu’au 13 juillet 2008. Entrée libre.
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