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La grande parade de la Liga ACT de trainières démarre demain de Saragosse
La Liga ACT, le championnat de trainières, débute demain par un contre-la-montre original sur le Rio Ebro à Saragosse. Dix-huit banderas se succéderont ensuite jusqu’au mois de septembre ou le titre sera délivré à Portugalete. Le champion Urdaibai est le favori de la saison
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P. PROUX et M. DUFRECHE
Quand la Liga San Miguel ou ACT, fut créée, il
y a cinq ans, ses organisateurs ne pensaient pas que le championnat trainières
allait surfer sur une telle vague médiatique en 2008. Première journée dans le
cadre de l’expo universelle à Saragosse, régates prévues en Andalousie et
Catalogne dans un proche avenir, création cette saison d’un championnat féminin
parallèle, couverture télévisée en direct des dix-neuf courses par ETB1, sites
www.todoremo.com, www.ligaact.com, journaux dont le jpb pour une
première au Nord de la Bidassoa sont autant de fenêtres ouvertes sur l’extérieur
et la modernité, paradoxe pour ce sport ancestral qui n’en garde pas moins une
image de dureté, résistance, cohésion, esprit d’équipe, qualités de navigation
et glisse.
Demain la succession aux rameurs d’Urdaibai, tenants du titre
et favoris après leurs deux larges victoires de pré-temporada à Mundaka et
Mutriku. L’Ikurrina de Mundaka, la dernière épreuve de trainières avant le début
de la Liga San Miguel a d’ailleurs donné un résultat qui pourrait être proche du
podium final du championnat après la dernière bandera, celle de Portugalete : 1.
Urdaibai, 2. Orio et 3. Zarautz. La succession d’Urdaibai sera ouverte sur le
Rio Ebro, à 13h, dans le double cadre de la journée d’Euskadi et du thème sur
l’eau, lors de l’exposition internationale de Saragosse. L’épreuve de trainières
de Saragosse se déroulera sous la modalité d’un contre-la-montre individuel et
non pas d’une course en ligne par quatre bateaux comme à l’habitude.
À
quelques longueurs de la Bou Bizkaia des Bermeotarrar, Orio, le club le plus
titré, Hondarribia avec l’Ama Guadalupe, San Pedro et sa Libia équipe élue
meilleure club formateur en 2007, l’Enbata de Zarautz aux ambitions confortées
par de nouvelles installations flambant neuves, les Marinera de Castro et de
Pedrena avec la ferveur populaire et le soutien qui les poussent, brigueront une
place dans les tandas d’honneur. Pour le maintien, Cabo da Cruz, la Pleintzarra
d’Arkote, Laredo qui devra faire avec un effectif amoindri, la Telmo Deum de
Zumaia, fougueuse mais inexpérimentée, et Tiran le nouveau venu dans la
catégorie, tenteront d’échapper aux deux dernières places synonymes de barrage
de descente en ARC 1 (la deuxième division).
Cette année il manquera
deux grands à l’appel : Astillero rétrogradé pour ne s’être pas présenté à un
contrôle antidopage et qui repart cette année en ARC2 et Pasai Donibane et son
Erreka, victime de querelles intestines et qui court après les exploits passés
de la fratrie des Lujambio notamment. De fin juin à fin septembre, avec une
interruption les deux premiers dimanches de septembre consacrés à la reine des
courses de trainières, la Bandera de la Concha, dix-neuf banderas solliciteront
les organismes entraînés des rameurs, et entraîneront aussi cohortes de
supporters venant en bus de toute la côte atlantique ibérique. Chacune de ces
banderas se déroulera dans un cadre singulier et magnifique. Difficile alors
d’en détacher une plus que l’autre. Mais citons quand même le contre-la-montre
de Pasajes sur l’étroit chenal au pied des maisons de San-Juan et San-Pedro, la
bandera d’Orio précédant la grande Concha, les colorées de drapeaux rouges de
Castro et de drapeaux noirs et bleus d’Urdaibai à l’occasion des célèbres fêtes
de Bermeo.
Oriflammes qui flottent aux balcons, banderas fièrement
agitées par le patron, barreur de l’équipage vainqueur au balcon de la mairie,
chutes dans l’eau lors des ciabogas, mer déchaînée, défaillances, xanpa de fin
de course, telles sont les essences que la saison des trainières qui ouvre
demain va distribuer à chacune de ses banderas.
Un loup de mer
nommé Korta
Il est difficile de ressortir un individu d’une
discipline aussi collective et demandant cohésion et ensemble que la rame et la
trainière. Korta, figure de proue, se détache pourtant. Médiatisé au point
d’avoir à l’instar d’un pilotari ou d’un buteur de la Real Sociedad ou de
l’Athletic Bilbo sa série hebdomadaire pendant deux mois le dimanche soir sur
ETB. Né en 1945 à Otzaika, José Luis Korta a ramé tout d’abord dans la ville
d’Orio puis a signé à Kaiku, Zierbena, Castro et de nouveau à Kaiku, accumulant
soit en tant que rameur ou entraîneur plusieurs Liga, accessions à la division
supérieure et 13 conchas. Actuellement à Kaiku, après avoir coaché la
trainière cantabrique de Castro vainqueur en 2006 à Sanse, on le voit aussi à
l’aise sur l’eau que prodiguer des encouragements aux coureurs d’Euskaltel sur
le tour du Pays Basque ou aux pros de la Real à Zubieta. Figure de proue d’une
publicité sur le bassin de Pasajes adressée aux touristes, affûté malgré son
âge, Monsieur Korta, homme pluraliste de tous les temps et de toutes les mers
sait naviguer avec brio en tous lieux.
La Concha, l´autre trophée de l´année
La Bandera de la Concha est sans la plus grande compétition de trainières.
Pourtant elle ne fait pas partie du calendrier de la Liga ACT. La perle des
traineras se déroule à Donosti les deux premiers dimanches de septembre et
constitue un trophée presque aussi prestigieux à remporter que celui de la
Liga. Organisée par la ville de Saint-Sébastien elle est ouverte, comme sa
baie, à toutes les trainières du Monde, dont une place est réservée à une du
Pays Basque nord. Une limitation est faîte cependant à 24 bateaux pour un
contre-la-montre qualificatif au pied de l’Aquarium le jeudi 4 septembre
.
Les sept meilleurs chronos rejoindront l’équipe de Saint- Sébastien,
unifiée cette année entre notamment Arraun Lagunak et Ur Kirolak. Le dimanche
suivant sur le coup de midi, ce sont deux tanda de quatre embarcations qui
s’affronteront en quatre passages de ciabogas. Des milliers de suiveurs, aux
couleurs de chaque ville, s’agglutinent du mont Urgull à celui d’Igueldo,
engendrant effervescence et paris sur le vieux port où les trainières sont mises
à l’eau.
La Bandera de la Concha est historique et rien n’a jamais réussi
à ôter de l’environnement des Donostiar cet événement du mois de septembre. Ni
la guerre civile, ni le franquisme, ni les modes liées à une image de Saint
Sébastien qui voulait que celle des pêcheurs en sueur ne colle pas avec le
peignoir blanc immaculé des curistes. Rien n’y fait, la ferveur bien ancrée a
pérennisé cette Bandera de la Concha. Orio, vingt huit fois premier, totalise le
plus grand nombre de victoires et remettra en jeu la perle acquise l’année
dernière .
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