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Pays Basque

Luxat perpétue la tradition de chaussures à Hasparren

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04/10/2008

Claire Revenu-Jomier

Alors qu'une exposition sur «Le temps des usines de chaussures à Hasparren» se tient du 3 au 12 octobre, dans le cadre de la semaine culturelle, c'est chaussé de bottes de sept lieues que le fabricant de chaussures Luxat, dernier installé sur la commune, s'est tourné vers l'avenir.

Le groupe, devenu récemment Luxat Développement, dirige trois marques : Luxat, Pare Gabia et Bayona, emploie environ 280 personnes sur quatre sites de production, compte 1 400 points de vente en France et a réalisé en 2007 un chiffre d'affaires de 17 millions d'euros. L'usine a emménagé en juin dernier dans un nouveau bâtiment plus spacieux de 1 800 m2 à Briscous. On est loin des tanneries d'Hasparren, disparues avant la guerre de 1914.

Il ne reste plus que Luxat

«En 1976, Luxat a pris la suite de deux associés, Pierre Ayçaguer et Rémi Hirigoyen, qui avaient été rejoints par Claude Cosnay» explique Jean Arotcarena, de la commission Histoire d'Hasparren. «Aujourd'hui il n'y a plus que Luxat ici. Et aussi un cordonnier qui travaille seul, qui fait uniquement des chaussures sur commande. Presque toutes les fabriques de chaussures qui s'étaient installées à Hasparren ont fermé en 1967/1968. Elles avaient démarré grâce aux nombreuses tanneries et elles ont arrêté leur activité parce qu'elles travaillaient beaucoup en sous-traitance : les commandes partaient vers l'Algérie, d'autres équipaient les militaires. Tout ça n'existait plus.»

Marchés complémentaires

Luxat «leader français de la chaussure confort», a pour spécialité la fabrication du mocassin dit intégral cousu main et le montage de la semelle sur coussin d'air. Et c'est attiré par ce savoir-faire que Pare Gabia, exclusivement tourné vers la fabrication d'espadrilles haut de gamme, et qui cherchait un fabricant pour sa première ligne de chaussures cuir automne-hiver 2007-2008 s'est tourné vers Luxat. C'est donc sur fond d'histoire de mode que leur aventure commune a commencé. Luxat a racheté Pare Gabia le 3 janvier 2008.

Chacun des deux groupes trouve son compte dans ce rachat. Même si leurs images de marques sont aussi opposées que possible. Pare Gabia enchaîne les parutions dans Elle, Cosmopolitan, Biba, et chausse les pieds des fashonistas de tout poil, pendant que Luxat participe au «plaisir de marcher» des seniors qui témoignent être «comme dans des chaussons» dans leurs mocassins sur coussin d'air. «Notre public est plutôt senior» explique Nathalie Ponzio, responsable de la communication des deux marques. «Luxat a une très bonne image chez les femmes de 50 ans et plus. Mais fait des modèles dans l'air du temps, dans les tons phares des collections de mode, des coloris naturels et du gris dans toutes ses variantes, qui peuvent plaire à des clientes de tout âge. Regardez Geox par exemple : confort n'égale pas forcément senior».

Luxat bénéficie de l'arrivée de Pare Gabia dans le groupe à travers l'export, dans la ligne de mire de ses dirigeants. Ils souhaitent voir leur réseau, principalement français, élargi aux distributeurs étrangers. L'acquisition de Pare Gabia est une étape dans la croissance de Luxat Développement. La marque qui vient de se voir décerner «L'escarpin de cristal 2 007» par 350 détaillants, espère aussi l'accroissement de sa notoriété auprès des consommatrices. Pare Gabia vise la poursuite de la «despécialisation» de la marque avec des collections hiver (on porte peu l'espadrille à semelle de corde en décembre), et souhaite s'appuyer sur le savoir-faire industriel de Luxat.

Confort et modernité

Confort n'égale pas forcément senior 

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