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Culture

Sous le soleil de Skármeta

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04/10/2008

Michèle Solle

Le célèbre écrivain chilien, pressenti en premier lieu pour participer aux rencontres littéraires, a, de fait, été enrôlé dans le jury du film de long-métrage. Et ce qui n'aurait pu être qu'une étoile filante s'est transformé en soleil. Pardon pour cette métaphore !

Antonio Skármeta, en tant que juré, aura donc visionné les films en compétition, présenté le film Il Postino, réalisé par Michael Radford (1 995) et tiré d'un de ses romans Une Ardente Patience, fait l'objet de toutes les chaleureuses questions et attentions de ses admirateurs lors de la rencontre littéraire organisée le 2 octobre par le Festival, et accompagné la projection du documentaire Skármeta d'Alejandra Carmona et Jimena Carbonell qui a suivi la rencontre.

Ardente Patience : création, mode d'emploi

A peine sorti de l'adolescence, il force la porte de Pablo Neruda dans des conditions très voisines de celles du postier d'Ardente Patience, partage avec lui les riches années de lutte jusqu'au coup d'état de 1973, la mort du poète et son exil en Allemagne.

Ecoutons ce fantastique conteur ! «Un jour, j'ai décidé d'écrire ma `Bible» l'histoire du Chili, une oeuvre énorme, et je ne voulais pas m'arrêter avant d'en avoir fini. Un producteur m'a convaincu, avance à l'appui, de me concentrer sur les deux personnages du poète et du facteur, j'en fis un scénario radiophonique. Et un film que je tournais en 1983, malgré mon inexpérience. Mais il y avait tant de cinéastes qui avaient déjà détruit mes écrits que je pouvais m'en charger moi-même ! Ce film Ardente Patience est sorti au festival de Biarritz en 1983, il a remporté le grand prix, celui du jury et celui du public. Il n'est plus accessible actuellement. J'ai alors écrit le roman homonyme. En 1995, j'ai accepté que Michael Radford, que j'admirai, en fasse une deuxième adaptation. Il a eu beau déplacer l'action du Chili en Italie, changé la fin de l'histoire, j'avais confiance en sa force créatrice et ses interprètes, (Philippe Noiret et Massimo Troisi). Je trouve ce film admirable, il a fait le tour du monde et m'émotionne toujours.»

Lauréat du Prix Médicis étranger 2 001 pour le Ballet de la Victoire, cet écrivain, professeur, scénariste, cinéaste, animateur d'émissions radiophoniques, chanteur de twist à l'occasion, fan de jazz, danseur de tango, nomade par la force des choses et amoureux de New York où il a séjourné longtemps est revenu dans son pays dès la chute de Pinochet.

Et, suite logique, il fut renvoyé en Allemagne où il avait purgé son exil... en tant qu'ambassadeur du Chili, jusqu'en 2003. «Une autre version de Cendrillon !» Nul doute que cette ambassade-là fut un de ces lieux dont on rêve, mélange de lumières, de rencontres chaleureuses, de créations artistiques, de musiques et de vins.

A l'image du maître de maison qui précise : «Je m'intéresse à la vie, à l'intimité des pauvres, des simples, des jeunes qui doivent grandir dans ce monde. Je les accompagne de très près, et souvent, je les vois affronter des forces hostiles...» «Je n'ai pas cherché la dimension politique, je voulais rester en poésie, mais la réalité brutale a traversé ma porte».

Il faudra revenir monsieur Skármeta, on s'installera sur l'herbe, avec du vin frais et on vous écoutera encore...

Dernière séance du film Il Postino : aujourd'hui samedi 4 octobre à 15h. Royal 3.

Skármeta

L'homme de lettre s'illustre dans bon nombre de d'activités artistiques ou politiques

Altruiste

Il s'intéresse à la vie, à l'intimité des pauvres, des simples, des jeunes qui doivent grandir dans ce monde

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