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Culture

Expressions sensibles:Etxebarria au Kalostrape

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21/11/2008

J.S.M

Gonzalo Etxebarria expose au Kalostrape à Bayonne, une série d'acryliques et de masques. L'ancien participant à l'école d'art de Deba crée par le sculpteur Jorge Oteiza, présentera ses oeuvres au public, ce soir à 19h.

Tout d'abord, une série de toiles que l'on peut qualifier d'expressionnistes, dans lequel Etxebarria a utilisé des acryliques mais aussi des pigments pour peindre sa vision des paysages de la Soule. Un travail très coloré parfois fluo dans lequel on note l'omniprésence de l'horizon, «un partage de l'espace» qui rappelle «une dimension spirituelle, la notion d'infinie, mais aussi la transformation des entités et de la matière», explique le plasticien.

Libres de gravités

Dans cet espace, il y a toujours l'omniprésence de formes, des éléments flottants, «provenant de souvenirs, d'un imaginaire incontrôlé» sans que ces formes libres proviennent d'une démarche rationnelle. Il s'agit tout simplement «de ma façon de voir l'espace» confie le Bizkaitar et Xiberotar, une sensibilité qui lui fait mélanger les formes vagues et précises, une ambiguïté créative qu'il reconnaît apprécier.

Ensuite, Etxebarria mettra en valeur un ensemble de représentations de visages, cachés par des masques fragmentaires. Une manière «d'exprimer et de retranscrire la crise d'identité qui traverse nos sociétés».

Des visages qui cherchent péniblement à se cacher, à se déguiser face à la société marchande, avec ses marques et ses panoplies pseudo-identitaires. Une rationalité mercantile, des êtres qui menacent nos identités charnelles et spirituelles.

Une manière aussi pour Etxebarria d'exprimer artistiquement les propos du philosophe Paul Virilio qui soutenait que «les scientifiques créent les conditions pour détruire l'humain». Peu à peu notre sensibilité charnelle, poétique et esthétique disparaîtrait au détriment du rationalisme et de la rigueur scientifique.

Pourtant ces petits riens qui sont en phase de destruction faisaient de l'homme un être culturel et sensible.

Sensibilité au-delà de la naïveté

Etxebarria qui n'est pas à sa première exposition, demeure un artiste difficile si l'on ne sait pas se débarrasser de ses a priori culturels et d'une approche justement trop rationaliste. «Il faut regarder comme un enfant», explique-t-il, «pas naïvement, mais plutôt dans le sens où les enfants n'ont pas encore perdu la capacité à s'étonner».

Gonzalo Etxebarria Kalostrape Ostatua 22 r Marengo Petit Bayonne. 19h

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