Pays Basque
Soule : le Wimax réduira-t-il la fracture numérique et à quel prix ?
21/11/2008
Yann Emmanuel
Alors que ce soir à Anglet, les collectifs contre l'installation d'antennes-relais de téléphonie mobile (St-Jean-de-Luz, St-Pierre-d'Irube, Anglet, Bayonne) entrent dans une nouvelle phase de coordination en organisant une réunion publique avec le physicien Daniel Oberhausen sur l'exposition aux champs magnétiques, la Soule commence elle aussi à s'interroger sur les effets sanitaires des antennes et en particulier sur une des technologies promues par les opérateurs de téléphonie et d'internet, le Wimax.
Dans le cadre du plan du Conseil général contre la «fracture numérique», celui-ci a profité de la possibilité donnée par la Loi du 21 juin 2004 sur la «confiance dans l'économie numérique», de se constituer opérateur de son propre réseau. Le Conseil général a donc accordé une délégation de service public à la société bidartar Iris 64, qui a équipé en fibre optique tout le département en vue de louer cette infrastructure aux opérateurs privés. Une tâche désormais terminée, mais qui laisse néanmoins bon nombre de zones d'ombre, qui ne peuvent bénéficier du haut débit internet, réclamé et attendu par les habitants souletins depuis quelques années. Une couverture inopérante qui s'expliquerait par des raisons de coût.
Le Wimax bientôt en Soule ?
La proposition pour que tout le monde accède au haut débit serait le Wimax, une technologie hertzienne sans fil, semblable au Wifi, exploitée depuis peu par les opérateurs privés. Les licences Wimax sur le plan régional ont été accordées au Conseil régional et à Bolloré Télecom, bien qu'aucun nom d'opérateur n'ait filtré localement. Mais comme les autres technologies sans fil, celle-ci est aujourd'hui contestée par de nombreux rapports scientifiques qui en pointent les dangers sanitaires.
Du côté de la mairie de Mauléon, qui accueillerait une antenne-relais Wimax, on fait savoir que le projet est loin d'être ficelé. Des contacts récents ont eu lieu avec l'entreprise Altitude, mandatée par le Conseil général pour ce faire. L'antenne serait installée sur les hauteurs de Mauléon, sur le site d'Eihataborde, sur lequel existent déjà des émetteurs de radios et de téléphonie de l'opérateur Bouygues. Des contacts vont être pris avec ceux-ci.
Inquiétudes sur les risques sanitaires
Mais, comme dans le reste du Pays Basque, l'inquiétude grandit chez certains usagers. Laurent Ayerdi-Caudine, habitant de Moncayolle est l'un d'eux. Il vient de s'adresser, en tant que correspondant local de l'association Priaterm, qui comme Robin des Toits, apporte son expertise sur cette question, au Conseiller général Jean-Pierre Mirande.
Laurent Caudine dénonce «l'inégalité» engendrée par la cohabitation de ces deux technologies, la fibre optique étant de meilleure qualité que le Wimax. Revenant sur «les dangers des ondes électromagnétiques avérés par de nombreuses études» et réaffirmant sa volonté de voir le haut débit irriguer tous les territoires souletins, il demande, qu'a minima, le principe de précaution soit appliqué. En ce sens, il demande à la mairie de Moncayolle et au Conseil général d'organiser une réunion d'information contradictoire sur cette question.
Les inquiétudes sur les risques des ondes électromagnétiques n'ont donc pas fini de défrayer la chronique.
La technologie sans fil couvrirait les zones «grises» sans haut débit internet




